Radiofréquence ou ultrasons : comment choisir la bonne technologie pour chaque patient ?

En médecine esthétique, les technologies de raffermissement sont de plus en plus nombreuses. Radiofréquence, HIFU, ultrasons microfocalisés… Les termes se multiplient et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver.

Radiofréquence et ultrasons : deux façons différentes de travailler pour un objectif commun

La radiofréquence et les ultrasons peuvent tous les deux être utilisés dans une démarche de raffermissement, mais leur fonctionnement est différent.

La radiofréquence utilise une énergie électromagnétique qui produit un échauffement contrôlé des tissus. Cette chaleur entraîne une stimulation du collagène et participe progressivement à l’amélioration de la fermeté et de la densité cutanée. Thermage® FLX est, depuis de nombreuses années, la machine de référence. Il utilise une radiofréquence monopolaire et peut être utilisé sur l’ensemble du visage et sur certaines zones du corps.

Les ultrasons fonctionnent autrement. L’énergie ultrasonore est focalisée afin de créer des points de coagulation thermique à des profondeurs précises. L’objectif est là aussi de provoquer une réponse naturelle des tissus et un remodelage du collagène. C’est notamment le principe d’Ultherapy PRIME®, qui utilise des ultrasons microfocalisés avec visualisation en temps réel.

HIFU, MFU… quelle différence ?

On entend aujourd’hui beaucoup parler de HIFU, pour High-Intensity Focused Ultrasound, et de MFU, pour Microfocused Ultrasound. Ces technologies appartiennent à la famille des ultrasons focalisés, mais tous les appareils disponibles sur le marché ne se valent pas. La façon dont l’énergie est délivrée, les profondeurs disponibles, la précision du traitement ou encore la possibilité de visualiser les tissus peuvent tout changer aux résultats obtenus.

La particularité d’Ultherapy PRIME®

Ultherapy PRIME® possède justement une particularité intéressante : le praticien peut visualiser les différentes couches tissulaires grâce à l’échographie avant et pendant le traitement. Il est alors possible de délivrer l’énergie à différentes profondeurs, notamment à 1,5 mm, 3 mm et 4,5 mm selon la zone et l’indication. Il est possible de cibler avec précision le plan du SMAS/platysma lorsque l’anatomie de la zone le permet. Il s’agit d’un plan profond, également concerné lors d’un lifting chirurgical.

Concrètement, quelle technologie choisir pour quel patient ?

Une peau moins tonique, mais des contours bien définis

C’est finalement la question la plus importante. Prenons une patiente qui explique que sa peau est plus relâchée qu’auparavant. Elle commence à perdre en tonicité, mais la structure globale de son visage reste assez bien définie. Dans ce type de situation, une radiofréquence comme Thermage® FLX peut être intéressante. On cherche principalement à travailler sur la fermeté de l’enveloppe cutanée et la prévention du relâchement.

Une perte de définition de l’ovale

Prenons maintenant une autre patiente du même âge. Sa peau est encore de bonne qualité, mais elle commence à perdre la définition de son ovale. Elle remarque un relâchement sous le menton ou au niveau du cou, ou trouve que certaines parties de son visage commencent à « descendre ». Dans ce cas, les ultrasons microfocalisés comme Ultherapy PRIME® peuvent être particulièrement intéressants. On recherche davantage une action ciblée en profondeur et un effet liftant non chirurgical.

On pourrait donc résumer simplement : radiofréquence lorsque l’on souhaite principalement travailler la fermeté et la qualité de la peau ; ultrasons microfocalisés lorsque l’on recherche davantage une action ciblée sur des plans profonds et un effet de mise en tension sur certaines zones. Cette distinction n’est évidemment pas absolue. Chaque indication doit être évaluée individuellement et les deux technologies peuvent avoir des zones d’action qui se recoupent.

Et si le patient présente plusieurs problématiques ?

Dans la réalité, les choses sont rarement aussi simples. Un patient peut présenter à la fois une perte de fermeté de la peau, un relâchement plus profond, des irrégularités de texture ou encore des problématiques pigmentaires. C’est là que la notion de traitements combinés prend tout son sens.

Radiofréquence, ultrasons, microneedling, mésothérapie, laser Fraxel® ou encore IPL ne répondent pas exactement aux mêmes problématiques. Selon l’indication, plusieurs techniques peuvent donc trouver leur place dans un même plan de traitement. L’objectif n’est pas de multiplier les actes. Il est de comprendre ce que chaque technologie peut apporter et de construire une stratégie cohérente pour la patiente.

Il n’est pas rare de combiner de la radiofréquence et des ultrasons sur le même patient au cours de la même année.

Apprendre à choisir plutôt qu’à simplement utiliser

C’est probablement l’un des points essentiels de la formation en médecine esthétique. Savoir utiliser une machine et connaître ses paramètres est indispensable. Mais cela ne suffit pas. Il faut également savoir observer une patiente, analyser son anatomie et la qualité de ses tissus, comprendre sa demande et déterminer à quel niveau il est pertinent d’agir.

La question n’est donc pas vraiment de savoir si Thermage® est « meilleur » qu’Ultherapy PRIME®, ou si une technologie HIFU est meilleure qu’une radiofréquence. La bonne question est plutôt : qu’est-ce que je souhaite traiter chez cette patiente, à quelle profondeur et avec quel objectif ?

C’est à partir de cette réflexion que le médecin peut choisir la technologie la plus adaptée et, lorsque cela est pertinent, construire une approche combinée. Car, finalement, en médecine esthétique, la technologie reste un outil. La véritable expertise consiste à savoir quel outil choisir, pour quelle patiente et à quel moment.

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