À la fin du mois, un décret d’application visant à réguler drastiquement l’activité de médecine esthétique en France devrait être publié. Il concernerait les praticiens déjà installés, quel que soit leur niveau d’expérience, mais aussi les médecins fraîchement diplômés, toutes spécialités confondues.
Ce décret vise à réorienter les médecins vers la pratique de leur spécialité d’origine pour faire face aux déserts médicaux et à la diminution de l’offre de soins.
Même si ce décret peut paraître scandaleux à bien des égards, notamment quand on sait que les déserts médicaux sont la conséquence d’une mauvaise gestion du numerus clausus dans les années 1980 et 1990, alors que la pyramide des âges était parfaitement connue, il n’en reste pas moins réel.
Comme souvent, les mauvaises décisions et stratégies politiques ont des conséquences néfastes, mais les réparations incombent aux citoyens.
Une fois ce constat accepté, mieux vaut réagir et comprendre les enjeux de ce décret.
Ce que prévoit le décret
Concrètement, les médecins esthétiques exclusifs devraient progressivement réduire leur activité de médecine esthétique à 50 % et consacrer les 50 % restants à leur spécialité d’origine : médecine générale, dermatologie, médecine d’urgence, gynécologie, pédiatrie ou chirurgie.
Les chirurgiens plasticiens seront également concernés.
Les médecins auront trois ans pour se mettre en conformité et devront, dans le même temps, passer des examens de remise à niveau dans leur spécialité d’origine.
Quant aux médecins fraîchement diplômés, ils ne pourront pas exercer la médecine esthétique avant d’avoir exercé pendant cinq ans dans leur spécialité d’origine. Ils pourront ensuite consacrer au maximum 30 % de leur temps à la médecine esthétique.
Une réforme contestée
Même s’il est contesté, ce décret devrait être publié. Il sera attaqué et pourrait être abrogé, annulé ou remanié.
En effet, les médecins esthétiques exclusifs ont des employés, des plateaux techniques et des crédits en cours qu’ils ne seront plus en mesure de rembourser.
Pour ceux qui ont toujours exercé en médecine esthétique, le niveau de compétence dans leur spécialité d’origine n’est plus à jour.
Au-delà de cela, la liberté de travailler et d’exercer une activité légale est remise en question.
Vers une activité mixte
On peut toutefois acter que la tendance sera, à l’avenir, à une activité mixte, associant spécialité d’origine et médecine esthétique.
La première conséquence, selon moi, est que l’activité de médecine esthétique sera répartie entre davantage de praticiens, chacun y consacrant environ 30 % de son temps.
Le risque, évidemment, est que les patients se tournent vers l’offre illégale de médecine esthétique, celle des « fake injecteurs », qui est rarement pointée du doigt et jamais poursuivie.
Formation et reconnaissance des compétences
À l’avenir, la médecine esthétique sera donc encadrée. C’est une bonne chose pour les médecins, qui disposeront d’un cadre de pratique clair et défini, même si cette évolution sera difficile à accepter pour certains. Il est donc crucial que tous les médecins qui souhaitent exercer en médecine esthétique se forment correctement.
De plus, la validation des acquis de l’expérience (VAE) semble être un point crucial pour ceux qui voudront faire reconnaître une activité de médecine esthétique à l’avenir. Dans ce cadre, une formation certifiée avec des points CME SAMBA sera un atout majeur.
La formation que je dirige permettra également aux médecins de monter en compétences dans le cadre de leurs 30 % d’activité, afin d’offrir des soins esthétiques médicaux de grande qualité et à haute valeur ajoutée. Cela permettra de rentabiliser le temps consacré à l’esthétique.
Renforcer la médecine esthétique
Depuis nos débuts, nous nous battons pour une médecine esthétique fondée sur les preuves et le consensus, ainsi que sur une connaissance commune à tous les praticiens. L’objectif est de faire évoluer la spécialité vers davantage de compétences et de sécurité, et donc vers une meilleure visibilité pour la population. Dans cette période de changements et d’abus de pouvoir, il est essentiel de renforcer la spécialité. Pour cela, il faut un langage commun, que nous vous apprenons chez SAMBA.
Même si ce décret semble extrêmement agressif et injuste, et même s’il devait être remis en question par des recours, il témoigne d’une tendance globale en Europe : la régulation de la médecine esthétique par les États.
Il est temps de faire de la médecine esthétique une véritable spécialité. C’est la mission de SAMBA dans le cadre de la formation médicale continue.
Il faut se former et faire reconnaître sa compétence en médecine esthétique.
