Le fléau des fake injectors

Face à la montée des « fake injectors » en médecine esthétique, il devient crucial de comprendre cette tendance alarmante. Ces pratiques compromettent non seulement la sécurité des patients, mais ébranlent aussi la confiance envers la profession. Cet article explore les risques associés à ces acteurs non qualifiés et souligne l’importance d’une formation adéquate.

Qu’est-ce qu’un fake injectors?

Ce qu’on appelle un « fake injector », c’est une personne qui injecte des produits de comblement sans en avoir l’autorisation légale ou encore les compétences. Depuis quelques années on voit, sur les réseaux sociaux notamment, de plus en plus d’offres pour se faire injecter de l’acide hyaluronique pour augmenter la taille des lèvres, corriger une bosse sur le nez, augmenter la taille des pommettes. Bref pour améliorer l’aspect, mais surtout pour répondre à des canons beauté imposés par les réseaux sociaux.  Et en réalité la médecine esthétique c’est quelque chose de complètement différent c’est une approche globale centrée sur l’apparence, mais qui va s’inscrire dans le temps avec un accompagnement des patients et une notion de prévention et de prise en charge sur le long terme. La promesse des « fake injectors » souvent elle est un peu inverse.  Elle répond à une demande immédiate, pressante, extrême, pour extrapoler son apparence.  Mais si ce n’était que ça le problème à la rigueur, on pourrait se dire :  chacun fait ses choix concernant son apparence.  Le vrai problème des « fake injectors » c’est évidemment la mise en danger de l’intégrité physique puisque les conséquences d’une injection d’acide hyaluronique sont potentiellement graves sur le plan esthétique voire fonctionnel.

Que dit la loi ?

Eh bien la loi dit que le recours à des pratiques d’injection perforant la peau à visée esthétique par des esthéticiennes et des non professionnels de santé est illégal. De ce fait on comprend bien qu’il faut avoir un diplôme de docteur en médecine ou au moins d’infirmier(e)  supervisé. Donc ça, c’est la première chose à demander si l’on veut avoir recours à des injections à visée esthétique. La deuxième chose, il faut former. C’est exactement pour cela que SAMBA existe pour former les professionnels de santé qui souhaitent notamment réaliser des injections à visée esthétique.  Ils sont formés notamment sur la connaissance de base de l’anatomie pour prévenir les complications, mais aussi pour pouvoir agir correctement avec un protocole parfaitement édité en cas notamment d’injection intravasculaire de produits de comblement entraînant une ischémie des tissus. Il est donc essentiel lorsque vous voulez avoir recours à des traitements d’injection à visé esthétique de vous assurer que le praticien même s’il est autorisé par la loi est bien formé aux techniques d’injection.

Pourquoi c’est dangereux ?

L’acide hyaluronique est un produit formidable, mais même si l’acide hyaluronique est de qualité s’il est injecté dans un vaisseau en l’occurrence une artère de la face ça va boucher l’artère.  Or il faut bien comprendre que l’ensemble des tissus de la face, la peau, les muscles, la graisse sont vascularisés, ça veut dire que dès que vous êtes sous la peau vous pouvez rencontrer une artère un vaisseau et donc potentiellement avec une aiguille rentrer à l’intérieur de ce vaisseau et pousser un produit de comblement qui va boucher le vaisseau. C’est ce qu’on appelle une embolisation une fois que le vaisseau est bouché tout ce qu’il y a en aval va se trouver en situation d’ischémie aiguë. Ça veut dire qu’il y a plus d’apport d’oxygène au tissu en aval plus.

Première conséquence,  vous allez avoir un blanchiment de la peau qui correspondant au territoire vasculaire. Puis, s’il n’y a pas d’intervention immédiate du praticien, une modification vers un état inflammatoire et ischémique avec une peau qui devient rouge puis bleutée (livedo). Enfin dans les heures et les jours qui suivent une nécrose du tissu. C’est-à-dire tout simplement la mort du tissu. Donc vous vous retrouvez avec une peau qui devient noire, putréfiée, tout simplement morte, à la place vous avez un trou, une perte de substance. Si c’est le bout du nez vous perdez la pointe du nez si c’est sur le sillon nasogénien vous avez une cicatrice, si c’est sur la glabelle vous avez une cicatrice. Si en plus l’injecteur pousse du produit en quantité importante, celui-ci peut remonter jusqu’à l’artère qui va nourrir cette fois-ci la rétine de l’œil et boucher cette artère vous retrouvez alors avec une cécité monoculaire, c’est-à-dire, aveugle d’un œil . C’est terminé vous avez eu une nécrose de la rétine par ischémie et vous êtes aveugle d’un œil à vie et ça, ce ne sont pas des histoires ou des vues de l’esprit. C’est sur le plan théorique parfaitement documenté puisque l’artère faciale va rejoindre l’artère angulaire qui elle-même est reliée directement à a l’artère centrale de la rétine. Mais surtout il vous suffit d’aller sur internet et plus précisément si vous voulez une source fiable sur pubmed et vous tapez « blindness filer » et vous verrez des publications officielles,  notamment en Asie, car il y a beaucoup d’injections dans les zones à risque en Asie, de personnes qui deviennent aveugles avec des injections d’acide hyaluronique dans une artère.  Il est donc extrêmement  important de comprendre qu’un praticien autorisé à pratiquer ses actes et formé va pouvoir intervenir rapidement s’il constate une injection dans un vaisseau. Donc le risque existe pour tout le monde là où il y a une perte de chance c’est que si vous êtes face à « un fake injector » il n’aura pas ni la compétence ni les outils pour pouvoir prendre en charge l’urgence.

Deuxième risque c’est évidemment lié aux produits lui-même.  On peut considérer que les praticiens ayant l’autorisation d’injecter des produits de comblement avec une activité régulière et officielle auront des produits qui répondent aux normes et donc qui ne risquent pas d’avoir des effets secondaires cette fois-ci liés au produit. L’effet secondaire principal de mauvais produit c’est une intolérance de la peau au produit et donc un rejet sous forme essentiellement d’inflammation et de granulome qui vont laisser des boules sous la peau très difficile à enlever, voire inenlevable, même par chirurgie parce qu’elles sont complètement intégrées au tissu cutané à la graisse voire même aux ligaments et aux muscles de la de la face. Sans aller jusque-là, vous pouvez tout simplement vous retrouver avec une infection post-injection si les règles d’hygiène ne sont pas respectées, ce qui souvent est le cas avec les « fake injectors ». Les professionnels de santé autorisés pratiquent dans des lieux réglementés où leur sont imposés des règles d’hygiène strictes ce alors que les « fake injectors » vont faire ça dans un appartement, dans un sous-sol dans des endroits ou l’hygiène minimum n’est pas assurée.  Bref vous l’aurez compris il en va de la santé publique, il en va de votre intégrité physique, de ne pas répondre aux sirènes parfois alléchantes des « fake injectors ».

Que faire si l’on est victime ?

Vous l’aurez bien compris un « fake injector » s’il y a une complication, vous êtes alors mis à la porte parfois même physiquement menacé. Je vous laisserais apprécier certains récits d’histoire que vous trouverez sur les réseaux ou en tapant dans votre moteur de recherche. Ensuite plus personne pour répondre l’adresse ferme, « les fake injectors » sont très réactifs souvent structurés et vont rouvrir à quelques encablures de là refaire une promotion sur les réseaux sociaux et réinjecter de nouveaux patients. Il rouvre, car , pour être parfaitement transparent, la plupart du temps vous n’aurez pas de complications (sauf que le résultat est moche). C’est relativement rare même quand on ne sait pas exactement ce qu’on fait c’est heureusement extrêmement rare. Mais si vous êtes victime, il n’y a plus personne à ce moment-là pour soigner l’urgence.

Alors que faire à ce moment-là ? Si par chance vous avez une connaissance dans le médical, vous l’appelez tout de suite pour qu’il puisse vous orienter.   Si c’est un médecin esthétique formé par SAMBA, c’est bingo ! Il peut (après il faut qu’il soir d’accord) vous traiter en urgence absolue pour le problème notamment d’ischémie. Sinon, il faut vous rendre aux urgences. Malheureusement souvent les urgences ne sont pas compétentes puisque ce n’est pas des choses que l’on apprend à l’hôpital donc il faut savoir décrire le problème.   Surtout les urgences n’ont pas l’enzyme miracle qui permet de tout de suite diluer et dissoudre l’acide hyaluronique qu’on appelle l’hyaluronidase. Seuls les médecins esthétiques et les personnels autorisés ont cette enzyme : l’hyaluronidase dans leur cabinet ou dans leur clinique. Donc première chose, il vous faut trouver un professionnel de santé compétent qui pourra agir vite. Le protocole d’injection d’hyaluronidase dans la zone d’ischémie est simple : injection massive continue avec une surveillance heure par heure pendant les 12 premières heures. Ensuite suivi quotidien pour voir l’évolution des tissus alors évidemment si la vue est en jeu c’est encore une autre problématique. Il y a  une injection qu’on appelle rétrobulbaire qui doit être réalisée en urgence. Très peu de praticiens savent la pratiquer chez SAMBA, nous allons faire un cours dédié à ce type d’injection un peu extrême, mais qui peut sauver la fonction visuelle d’un patient. 

Pour ce qui est des problèmes infectieux ou inflammatoires, il n’y a pas d’urgence absolue. Sauf le problème infectieux si ça s’aggrave. Donc la il faut se rendre chez un médecin lui expliquer ce qui s’est passé et faire une prise en charge d’une infection cutanée classique.  Il faudra également dissoudre le produit (donc aller chez un professionnel formé comme le médecin SAMBA)  si vous êtes face à un mauvais produit et que vous faites une inflammation avec granulome là encore il faut se diriger vers un spécialiste c’est difficile à prendre en charge souvent il y a des résidus chroniques, mais avec de l’hyaluronidase prise assez tôt et des anti-inflammatoires on peut quand même diminuer largement les conséquences d’une inflammation tardive sur un produit de comblement.

Pour résumer

Première étape : ne pas aller chez un « fake injectors »

Deuxième étape, allez chez un praticien autorisé.

Troisième étape allez chez un personnel formé  (par SAMBA c’est ce qui se faire de mieux) dans une structure qui répond à des règles d’hygiène strictes avec des produits de première qualité qui ont été éprouvés depuis longtemps et qui ont toutes les autorisations de mise sur le marché.

DONC au préalable :

Renseignez-vous ! Sur la qualification de votre praticien, demandez par exemple si votre médecin a suivi une formation s’il a un diplôme comme celui de SAMBA. Sinon quelle a été sa formation. Allez voir sur le site de SAMBA ce que c’est qu’une formation complète avec une connaissance théorique et des stages pratiques pour maîtriser réellement les situations d’urgence. Renseignez-vous comme vous le feriez finalement pour n’importe quel acte de consommation.  Si tout est OK, vous pouvez sereinement avoir recours à des techniques d’injection à visée esthétique qui lorsqu’elles sont bien réalisées procurent des résultats extrêmement positifs, pérennes, harmonieux respectant les différences de chacun sans que ce soit visible ou choquant pour l’entourage ou soi-même. Bref, c’est vraiment à ce moment-là un traitement qui apporte énormément de satisfaction et de bien-être aux patients.

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