Analyse du visage en médecine esthétique : relier anatomie, émotions et plan de traitement

L’acquisition de solides bases théoriques et pratiques, comme celles dispensées au sein de SAMBA, constitue un prérequis à votre activité médicale esthétique débutante. Néanmoins, tout praticien se retrouve un jour face à son premier « vrai » patient avec une indication de traitement anti-âge global par injections.

Alors, comment bien analyser un visage de façon pédagogique pour favoriser l’adhésion éclairée de votre patient à un plan de traitement complet par injections ?

Deux concepts fondamentaux pour analyser un visage

Analyse verticale, du haut vers le bas : la résorption du support osseux, la ptôse graisseuse superficielle et le relâchement cutané concourent à la ptôse globale des structures avec l’âge. L’analyse du visage se fait donc verticalement de haut en bas avec un plan de soin à visée liftante.

Diviser le visage en trois tiers : l’harmonie de face résulte d’une division en trois tiers de proportions égales :

1/3 supérieur : zone frontale dont la limite inférieure est la ligne d’implantation sourcilière.

1/3 médian : zone du regard dont la limite supérieure est la ligne d’implantation sourcilière et la limite inférieure est la base nasale.

1/3 inférieur : zone mandibulaire dont la limite supérieure est la base nasale et la limite inférieure le menton.

Cette analyse anatomique doit ensuite être traduite dans un langage simple pour le patient. En consultation, celui-ci exprime rarement une perte de support osseux, une ptôse graisseuse ou un relâchement cutané : il dira plutôt qu’il a l’air sévère, fatigué ou triste. C’est cette traduction entre anatomie et émotion perçue qui rend le plan de traitement plus clair et plus compréhensible.

Être pédagogue avec votre patient

Un discours adapté à la compréhension de votre patientèle est nécessaire pour obtenir son adhésion au plan de traitement. Le secret tient dans la traduction de l’évolution anatomique péjorative du visage avec le temps en émotions négatives visibles par votre patient :

« Sévère » = 1/3 supérieur = rides d’expression = toxine botulique.

L’air sévère est souvent lié aux contractions répétées de la glabelle et du tiers supérieur du visage, qui ferment le regard et marquent les rides d’expression. Dans ce contexte, la toxine botulique permet d’adoucir l’expression en diminuant l’activité musculaire excessive : le regard paraît moins fermé, moins contrarié et plus reposé, sans rechercher un visage figé.

« La toxine coupe une petite protéine impliquée dans la communication entre le neurone et le muscle. L’influx nerveux se fait toujours, mais sans contraction du muscle. »

« L’efficacité de la toxine correspond au temps que met le corps à recréer la protéine qui a été coupée, soit 4 à 6 mois selon le métabolisme de chacun. »

« Fatigué » = 1/3 médian = cernes, vallée des larmes, pommettes = acide hyaluronique.

« Triste » = 1/3 inférieur = sillons nasogéniens, bajoues, plis d’amertume ou lignes des marionnettes = acide hyaluronique.

« Acide hyaluronique naturellement présent dans le tissu, remise en tension des structures, restauration des volumes. »

« Tenue dans le temps en fonction de la densité : plus il est dense, plus la tenue est longue. »

« Effet liftant sans volume = injection sous-SMAS en périosté, effet “piquet sous la toile de tente”. »

Conclusion

Votre patient vient vous trouver initialement, non pas pour corriger l’évolution de l’anatomie de son visage vieillissant, mais pour faire le constat des émotions négatives que lui renvoie ce même visage dans le miroir. À vous d’exposer un plan de traitement clair qui fasse sens et qui permette à votre patient de comprendre pourquoi vous lui proposez telle ou telle indication pour lui redonner « bonne mine ».

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