La dilution de la toxine botulinique

Introduction

La plupart des toxines botuliniques présentes sur le marché doivent être diluées par le praticien.

Cela laisse place à de la dilution sur mesure, mais, pour cela, il faut à la fois connaître les recommandations, mais aussi les effets de la dilution sur la toxine. Comme toujours comprendre permet de travailler correctement. Pour cela, il faut également se former correctement.

 

Les toxines botuliniques sur le marché

Botox® / Vistabel®

  • Nom international : OnabotulinumtoxinA
    • Laboratoire : Allergan (AbbVie)
    • Pays : Monde entier
    • Indication : Esthétique et thérapeutique
    • Dilution recommandée : 100 unités dans 2,5 mL de solution saline non conservée

Dysport® / Azzalure®

  • Nom international : AbobotulinumtoxinA
    • Laboratoire : Ipsen (Dysport), Galderma (Azzalure)
    • Pays : Europe, USA, Asie
    • Indication : Esthétique et thérapeutique
    • Dilution recommandée : 500 unités dans 2,5 mL de solution saline non conservée

Xeomin® / Bocouture®

  • Nom international : IncobotulinumtoxinA
    • Laboratoire : Merz Pharma
    • Pays : Europe, USA
    • Indication : Esthétique et thérapeutique
    • Dilution recommandée : 100 unités dans 2,5 mL de solution saline non conservée

Jeuveau® / Nuceiva®

  • Nom international : PrabotulinumtoxinA
    • Laboratoire : Evolus / Daewoong
    • Pays : USA, Europe
    • Indication : Usage esthétique uniquement
    • Dilution recommandée : 100 unités dans 2,5 mL de solution saline non conservée

Daxxify®

  • Nom international : DaxibotulinumtoxinA-lanm
    • Laboratoire : Revance Therapeutics
    • Pays : USA
    • Indication : Esthétique
    • Dilution recommandée : 100 unités dans 2,5 mL de solution saline non conservée

Letybo®

  • Nom international : Letybo®
    • Laboratoire : Hugel (Corée du Sud)
    • Pays : Asie, Europe
    • Indication : Usage esthétique
    • Dilution recommandée : 100 unités dans 2,5 mL de solution saline non conservée

Alluzience®

  • Nom international : AbobotulinumtoxinA (formulation liquide)
    • Laboratoire : Galderma
    • Pays : Europe
    • Indication : Esthétique (rides glabellaires modérées à sévères)
    • Dilution recommandée : Aucune dilution – solution prête à l’emploi (200 unités/mL)

Relfydess®

  • Nom international : RelabotulinumtoxinA
    • Laboratoire : Galderma
    • Pays : Europe, Australie
    • Indication : Esthétique (rides glabellaires et rides de la patte d’oie)
    • Dilution recommandée : Aucune dilution – solution prête à l’emploi (100 unités/mL)

Unité internationale et unité Speywood

Afin d’avoir une harmonisation des pratiques, les différentes marques produisant de la toxine botulinique expriment leur dosage en unités internationales (UI). Une marque cependant l’exprime en unités Speywood, il s’agit de Galderma avec ses toxines Dysport® et Azzalure®. Il est admis que l’on a une équivalence entre les unités internationales et les unités Speywood, même si elle n’est pas absolue.

Équivalence entre unité internationale et unité speywood

125 unités Speywood égalent 50 unités internationales. Je prends cet exemple, car les flacons d’Azzalure® sont délivrés souvent en 125 unités Speywood et beaucoup de toxines d’autres marques sont délivrées en 50 unités internationales.

Pour simplifier, on peut considérer qu’une unité Speywood équivaut approximativement à 0,5 unité internationale.

Une fois cette équivalence intégrée, on convertit même grossièrement les unités Speywood  en unité internationale et la logique de dilution s’applique de la même manière.

Impact de la dilution

Tout d’abord, petit rappel : on dilue les toxines botuliniques avec du sérum physiologique Nacl 0,9%.

À partir des unités internationales, on peut varier les dilutions. Même si chaque toxine a une dilution recommandée qui correspond à la dilution utilisée lors des phases de tests pour obtenir les autorisations de mise sur le marché, l’impact de la dilution est toujours le même et le comprendre permet de trouver la dilution idéale pour sa pratique.

À mon sens le plus important pour un médecin est de comprendre l’impact de la dilution. Ensuite, il choisit ce qui lui convient le mieux.

Il faut rester assez détendu par rapport aux dilutions. Évidement, il faut être précis, mais on  ne va pas jeter son flacon si on a mis 0,1 un millilitre de Nacl en trop.

On apprend, on comprend, et on agit à travers nos connaissances, notre vision de la médecine esthétique et l’effet que l’on veut obtenir, dans un cadre règlementaire strict.

Il faut être systématique pour être reproductible et connaître l’impact de ses traitements sur ses patients, à la fois pour sécuriser les traitements, mais aussi évidemment pour satisfaire les patients.

Le bon praticien, c’est celui qui pratique régulièrement et de manière reproductible. Sinon, on est plutôt un savant fou ou un chercheur raté, mais pas un praticien. Un « praticien ça pratique » en s’appuyant sur de la médecine basée sur des preuves. Ça répète des gestes précis protocolisés pour les maîtriser.

 

Diffusion

Plus on dilue, plus ça diffuse

C’est assez simple, le sérum physiologique agit comme un vecteur. Vous allez avoir la même quantité de toxine botulinique dans un plus grand volume, donc une fois injectée, celle-ci va se répartir sur une plus grande zone.

C’est une tendance et ce n’est pas parce que l’on dilue 2 fois que l’on va diffuser 2 fois plus, mais on diffusera un peu plus. Cela permet d’adapter la dilution à la zone de traitement et à l’effet souhaité.

Moins on dilue, plus il faut maîtriser

En effet, si vous avez une dilution à 1 pour 1 dans les seringues à insuline à chaque fois que vous allez pousser une petite graduation, vous allez délivrer une unité internationale dans la zone traitée.  Il faut donc une bonne maîtrise technique pour ne pas pousser trop d’unités d’un coup. En bref, c’est plus précis, ça diffuse moins, mais ça nécessite de bien maîtriser son outil. En gros, ça pardonne moins l’erreur, mais c’est comme tout : plus on avance en maîtrise, plus on peut utiliser des outils précis, mais souvent moins tolérant aux approximations. Comme dans la plupart des sports, par exemple…

Dilution et indication 

Vous l’aurez compris, lorsqu’on maîtrise sa dilution, on augmente sa compétence, le champ des indications, et la finesse de traitement.

Je retiendrai 3 dilutions que j’utilise régulièrement :

  • 1 pour 1 pour le traitement du regard
  • 1 pour 2 pour le traitement du front
  • 1 pour 4 pour le traitement de l’hyperhidrose axillaire

Conclusion

Comme nombre de protocoles et concepts en médecine esthétique, une phase d’apprentissage théorique est nécessaire pour maîtriser les fondamentaux qui ne sont pas dispensés au sein des différentes spécialités médicales. Une fois ces concepts acquis sur le plan théorique, la mise en pratique permet d’accéder progressivement au statut de spécialiste.

Il est donc indispensable pour tout praticien de se former aux actes médicaux à visée esthétique avant de les proposer à ses patients.

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