Acide hyaluronique en médecine esthétique : comment choisir le bon produit selon le plan d’injection ?

Choisir un acide hyaluronique peut paraître complexe lorsqu’on débute en médecine esthétique. Pourtant, avec quelques bases simples – la rhéologie, le G’ et l’anatomie en 5 couches – le raisonnement devient beaucoup plus clair.

L’objectif n’est pas de connaître toutes les références par cœur, mais de comprendre quel type de produit utiliser, dans quel plan, et pour quel effet.

J’apprends les bases théoriques de l’acide hyaluronique utilisé à visée esthétique

Définition

Je dis souvent que l’acide hyaluronique (AH), c’est de l’eau gélifiée, mais un peu chère.

C’est effectivement un gel formé de polysaccharides.

À la différence de l’acide hyaluronique natif présent dans la matrice extracellulaire, l’acide hyaluronique utilisé en injectable est réticulé.

Il est renforcé, à l’image d’un béton armé, et résiste donc bien plus longtemps à la dégradation par la hyaluronidase.

Plus il est réticulé, plus il est « costaud ».

La rhéologie

La rhéologie décrit l’acide hyaluronique selon ses qualités liées à la réticulation.

On parle d’élasticité, de plasticité, de viscosité et de cohésivité.

Un indicateur est particulièrement utile pour comprendre la fermeté et la capacité de projection d’un acide hyaluronique : le G’.

J’aime beaucoup simplifier les concepts lorsque je forme les collègues.

Le G’ est simple et universel :

Plus le G’ est élevé, plus ton AH est ferme. Plus il est faible, plus ton AH est souple.

Si vous retenez déjà cela, vous ferez peu d’erreurs au moment de choisir un produit dans votre gamme d’AH.

J’apprends ensuite les bases anatomiques

Le concept des 5 couches

En apprenant l’anatomie du visage par couches, c’est plus simple, plus amusant et reproductible à l’infini.

Le visage est structuré en 5 couches distinctes (cf. article Les 5 couches du visage : un concept essentiel en médecine esthétique).

La peau, la graisse superficielle (hypoderme), le SMAS, la graisse profonde et l’os recouvert du périoste.

Toutes ces couches subissent, avec le temps, une atrophie ou une résorption. Elles peuvent donc recevoir de l’acide hyaluronique réticulé volumateur pour contrer ce phénomène.

La formule simple pour choisir son acide hyaluronique

Une fois ces concepts simples maîtrisés, il suffit d’appliquer la formule suivante :

Plus c’est profond, plus j’utilise un G’ élevé. Plus c’est superficiel, plus j’utilise un G’ faible.

Pour lifter le visage, je vais faire des injections périostées du midface avec un AH à G’ élevé.

Je veux qu’il garde sa forme et qu’il contre la résorption osseuse afin de repositionner et d’ancrer les compartiments graisseux plus haut.

Pour combler un sillon nasogénien ou des plis d’amertume, je vais utiliser un AH à G’ intermédiaire.

J’injecte dans le plan sous-cutané pour contrer l’atrophie de la graisse superficielle. Je veux qu’il s’étale, mais qu’il garde une certaine forme pour recréer le soutien hypodermique qui a disparu avec le vieillissement.

Je peux le faire à l’aiguille ou à la canule, en utilisant par exemple la technique de fanning.

Pour combler une ride du lion, de la patte d’oie ou une ride frontale, je vais utiliser un AH à G’ faible.

Je recherche de la plasticité, c’est-à-dire un produit qui s’étale bien. J’utilise alors la technique de blanching à l’aiguille pour injecter dans le derme superficiel.

Ces concepts constituent une base essentielle pour choisir un acide hyaluronique de manière plus logique, plus sûre et plus reproductible.

J’injecte depuis plus de 10 ans quotidiennement et je n’utilise rien d’autre que ces quelques concepts simples.

Quel laboratoire choisir ?

La proposition d’acide hyaluronique est large, avec pas mal de très bons laboratoires qui proposent des produits de très haute qualité.

Parmi eux, on peut citer Vivacy, Merz, Allergan, Teoxane, Galderma, et bien d’autres.

Ils proposent tous une gamme d’acides hyaluroniques avec des G’ faibles à élevés pour pouvoir injecter les couches périostées, sous-cutanées et intradermiques.

Les exemples ci-dessous donnent une logique générale de lecture des gammes, mais le choix final doit toujours tenir compte des recommandations du laboratoire, de l’indication, du plan d’injection et de l’expérience du praticien.

Selon la réticulation et le G’, les produits ont des noms différents.

Chez Vivacy

Du G’ le plus faible au plus élevé, on retrouve :

S, M, L, XL, XXL, comme les habits… simplissime.

Chez Merz

Du G’ le plus faible au plus élevé, on retrouve :

Soft, Balance (Lips Contour), Volume, Intense (Lips Shape).

Chez Allergan

Du G’ le plus faible au plus élevé, on retrouve :

Gamme Juvederm : Juvederm 2, 3 (Ultra Smile), 4… simplissime.

Gamme Vycross : Volbella, Volift, Voluma, Volux.

Chez Teoxane

Du G’ le plus faible au plus élevé, on retrouve :

Gamme Teosyal : Redensity 1, Redensity 2, First Lines, Global Action, Deep Lines, Ultra Deep.

Gamme Teosyal RHA : RHA 1, RHA 2, RHA 3, RHA 4, RHA Kiss.

Chez Galderma

Du G’ le plus faible au plus élevé, on retrouve :

Gamme OBT : Refyne, Defyne, Kysse, Volyme, Contour.

Gamme NASHA : Restylane, Eyelight, Lyft.

En résumé

Si vous voulez commencer la médecine esthétique, inscrivez-vous à une formation :

  • qui vous dispense un bagage théorique complet et sérieux ;
  • avec des journées de pratique pour maîtriser les techniques essentielles : périoste, sous-cutané, blanching ;
  • avec un réseau pour vous mettre en contact avec les représentants des laboratoires près de chez vous et commander vos premières boîtes.

Débuter en médecine esthétique, c’est simple comme SAMBA.

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